Camille, putain, assieds-toi, j’ai vécu un truc de ouf hier. J’ai 28 ans, tu sais, célibataire en burnout de mon job à Paris, j’ai pris ma tente et hop, direction les gorges du Tarn pour déconnecter. Vendredi, équinoxe, soleil nickel, je marche seule, sac lourd, short moulant, je me sens libre. J’installe ma tente près d’une grotte, je me fais un feu, je pionce avec le hululement des chouettes.
Le matin, bam ! Neige partout, froid polaire, j’hallucine. J’ouvre la tente, et là, un ours énorme, genre Ursus spelaeus, museau dans mon sac, il bouffe mes barres choco. J’ai la bombe au poivre, je pulvérise, il se dresse à 4 mètres, bave dégoulinante, grogne comme un tonnerre, odeur de bête musquée qui me glace le sang. Je suis foutue, hein ?
Le cauchemar glacial et le sauvetage héroïque
Soudain, sifflement aigu, un mec surgit en contre-jour. Cheveux bruns en bataille, barbe courte, yeux bleu glacier qui transpercent. Il balance un bout de bois, attrape sa lance en silex, l’ours charge, se crève net sur la pointe. Du sang partout, cris rauques, on dévale la pente en glissant sur la neige, résine de pins qui colle aux mains, terre humide qui pue.
Il me plaque contre lui pour me bâillonner, sa main calleuse sur ma bouche, odeur de sueur, de sang frais et de cuir tanné. Cœur qui bat la chamade, je tremble. Il vérifie, l’ours a fui, on remonte. Moi, pieds violets, spasmes de froid. Lui, rapide : silex, pyrite, amadouvier, étincelles orangées, feu qui craque, fumée boisée qui embaume la grotte.
L’explosion de plaisir bestial et la double rencontre
Il étend sa peau d’ours, poils épais, doux comme un tapis. Je m’y jette, nue sous mes fringues mouillées. Il parle une langue chelou, genre basque ancien : ‘Nolan deitzen zara ?’ J’arrive pas à répondre, choc total. Il sort un lièvre frais, 5 kg, oreilles pendantes, il l’égorge net, sang chaud qui coule, dépouille qui se détache comme une peau de banane. Il le embroche, rôtit sur braises, odeur de garrigue, genièvre, foie tendre qui fond.
Il prie une pierre levée, mains sanglantes, voix rauque : ‘Mère des forêts, protège-nous…’ Moi, affamée, j’oublie mon véganisme, je déchire la viande, jus salé qui coule sur mon menton, racines amères croquantes. Puis eau de source bouillie avec miel et sapin, sucré résineux, divin.
Nos regards se croisent, pupilles dilatées. Je me love contre lui, sa peau chaude, muscles saillants. Je dénoue sa tunique, caresse son torse bombé, aréoles rugueuses, côtes puissantes. Feu qui danse, ombres sur les parois. Il pétrit mes seins, tétons qui durcissent, pincés, tirés, douleur-plaisir qui pulse au ventre.