Ma chérie, écoute, j’suis rarement sortie en plein jour, surtout cet été de merde. La lumière me crame les yeux, ma peau de rousse pâle brûle direct. Mais là, dix heures, j’ai filé au Le Havre, un bar à bières US pas loin. Rdv avec elle. Lunettes noires sur le nez, chapeau de paille, j’avais l’air d’une diva bizarre. J’ai commandé une IPA fraîche dans un grand verre, en avance.
Et voilà Sophie, Québécoise la quarantaine, pile à l’heure, classe en tailleur, banquière comme elle l’avait dit par mail. J’lui balance direct : “Mon atelier, c’est pas pour tout le monde. Mes toiles, c’est du trash, du sexe violent, du gore érotique. Tu vas flipper.” Elle, avec son accent qui mouille : “J’sais c’que j’veux.” Elle prend la même bière. On trinque : “À la chair, sous toutes ses formes.”
Le rdv brûlant au bistro en plein soleil
On marche jusqu’à chez moi, valise en main. Le soleil tape comme un enfoiré, j’suis en sueur. Ascenseur : sous-sol deux, mes garages réunis en studio d’artiste. Là, royaume noir, juste des cierges rouges qui crépitent dans les niches. Odeur de cire chaude, de peinture fraîche.
Mes tableaux ? Du lourd. Une nana écartelée après crash, jambes explosées, regard extatique. Des tranchées de guerre, bites en sang, viols collectifs par des mecs bestiaux. Fours nazis avec corps tordus en orgasme final. Détails malades, six mois par toile géante. Prix de ouf, pour riches tarés. Sacs poub’ pour ceux qui gerbent. Sophie mate, calme, yeux brillants.
“Celui-là, réservé à un curé pervers,” dis-je devant mon autoportrait : moi en Christ nu, queue molle efféminée, torturé par des soldates en lingerie qui ricanent comme des hyènes. Douleur, désespoir, extase charnelle sur mon visage. Elle tourne, hoche la tête : “Putain de sang, de violence perverse ! T’as ça d’où ?”
“En moi, ma belle. Si j’peins pas, ça m’bouffe.” Elle : “Horrible… mais bandant. Y a rien de beau dans l’humain ? Pas l’amour, le cul ?”
“Peut-être, mais j’peins mes cauchemars. À côté, les gosses martyrisés… attention, ça te ruine.” Elle hésite, recule. Puis : “Montre-moi la sainte que t’as dite.”
Sainte-Julie, crucifiée, seins tailladés, jets de lait sanglant. Moi grandeur nature, deux mètres de souffrance orgasmique. Sophie fixe, bouche ouverte : “Je l’veux. Prix whatever.”
“Où tu l’accroches ? Salon ? Tes potes vont gerber.”
“Pièce secrète à moi seule. Même mon mari interdiction.” On conclut. Puis elle : “Confession ? Dans deux semaines, ablation des nichons. Cancer bilatéral, métastases. Si j’surs, plus de seins, plus femme. À 20 ans, j’étais une bombe, décolletés, mecs à genoux. Verdict tombé, j’ai voulu me pendre. Surf sur net, boom, tes toiles. Avion direct.”
“Ça te fait quoi, cette sainte ?”
L’explosion sensuelle au cœur des ténèbres
“Catharsis. Exorcisme de ma chatte maudite. Juive ashkénaze, gènes pourris. Ce tableau, ma force.” Elle sort liasses d’euros de sa valise. Et la corde : “Plus besoin, grâce à toi.”
“Service ? Dans cinq ans, si guérie, pose pour moi. Nue, impudique, pour remake. Pires poses, scandaleuses.” Elle pâlit : “Mon corps ravagé… ombre.”
“Moi j’aime l’ombre. T’es vivante, frémissante. On ira loin, osé.” Elle : “Tabarnak, deal ! Si miracle. Ou si j’crève, viens peindre mon agonie, corps nu en horreur finale.”
Elle m’agrippe la main. Promesse faite. Mais là, chaleur monte. Odeurs de nos corps sudés. Ses yeux sur mes seins sous chemise fine. J’hésite… euh… ses lèvres tremblent. Soudain, elle m’embrasse, sauvage. Goût bière et sel. Langues qui s’emmêlent, bruyant, slurp slurp.
On tombe sur tapis taché de peinture. Ses mains sur moi, palpant ma peau claire. “T’es si pâle, si fragile…” Je déchire son chemisier, nichons lourds, veines bleues, tétons durs comme cailloux. Odeur musquée, sueur axillaire. Je suce, mordille, elle gémit : “Aaaah, calvaire…” Goût salé, un peu acide de peur.
Elle me plaque contre un chevalet, cul en l’air. Doigts dans ma fente trempée. “T’es mouillée comme une chienne.” Schlop schlop, jus qui gicle. Odeur de mouille forte, animale. Elle lèche mon trou, langue rugueuse, aspirant. Sensations : brûlure électrique, cuisses qui tremblent. J’hurle : “Plus fort, salope !”
Je la retourne, face à la sainte mutilée. Je pince ses seins : “Imagine-les coupés…” Elle jouit direct, spasmes violents, cri rauque québécois : “Hostie de merde !” Jet chaud sur ma main, goût pisse-mielleux quand je la fais lécher.
On baise des heures, bougies gouttant cire sur nos peaux. Corps tordus comme mes toiles, douleur-plaisir. Elle me doigte l’anus, pouce rude, pendant que je frotte sa chatte rasée contre ma cuisse. Bruits : pets humides, souffles haletants, claquements de fesses.
Finie, elle murmure : “Cinq ans, j’reviens poser… ou crever en extase peinte.” On s’habille, elle charge la toile. Soleil dehors me grille, mais j’souris. Agenda : appel Québec dans cinq ans. Espère pas avant, mais… qui sait ?